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Le numéro un mondial et son dauphin. L’un des plus grands espoirs du tennis et le meilleur joueur de l’histoire du sport. La finale du masters 1000 de Cincinnati a surpassé les attentes des passionnés de la petite balle jaune.  A l’issue d’un combat physique et mental de près de 4h, Novak Djokovic vient à bout de Carlos Alcaraz 5/7 7/6 7/6.

Un match à sens unique ?

Les premières minutes du match laissent transparaître l’enjeu de la situation. Les longs échanges se font rares et les serveurs restent maîtres. Des fautes de part et d’autre du filet empêchent les deux adversaires de pleinement exprimer leur tennis : 3/2. Novak Djokovic se procure la première opportunité de la rencontre. A l’issue de l’un des plus longs échanges du match, il s’offre une première balle de break. Celle-ci est immédiatement convertie par un coup droit gagnant : 4/2. Cette avance est de courte durée. Carlos Alcaraz s’arrache derrière chaque balle tout en profitant des erreurs inhabituelles du Serbe. Il revient à hauteur grâce à un jeu blanc : 4/4. L’intensité du match progresse lors des derniers instants de la première manche. Novak Djokovic se force à jouer vers l’avant pour éviter le combat physique contre son jeune rival tandis que Carlos Alcaraz impose sa filière de jeu : 5/5. Alors que tout semble laisser espérer un tiebreak, le Serbe commet une série de faute qui offre des balles de break au prodige espagnol. Les deux premières sont sauvées par un service-volée et un ace ; la troisième est envoyée au-delà des limites du court par Novak Djokovic : 6/5. Carlos Alcaraz n’en demandait pas tant. Il conclut le premier set d’un fulgurant revers longue ligne.

Avec quelques minutes de recul, le dénouement de cette première manche est tout à fait logique. Novak Djokovic est puni par ses trop nombreuses fautes directes tandis que la prise d’initiative de Carlitos est récompensée. Les ultimes points du set laissent penser que ce n’était que l’incipit d’une rencontre déjà légendaire.  

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Etouffé par la chaleur pesante de Cincinnati, Novak Djokovic écourte les échanges en montant au filet : 1/0. Carlos Alcaraz est spectateur des fautes directes de son rival : 1/1. Trois doubles fautes plus tard, le Serbe s’assoit au changement de côté avec un break de retard. Le médecin et le kiné arrivent alors sur le court pour sauver l’ancien champion de son coup de chaud.  

Novak Djokovic, immortel ?

Le Serbe économise ses mouvements. Il frappe deux coups droits gagnants qui surprennent Carlos Alcaraz. Ce dernier prend d’assaut le filet pour éteindre les espoirs de remontée de Novak Djokovic : 3/1. Mieux physiquement, le Djoker s’appuie sur de puissantes premières balles pour rester au contact. Carlitos, quant à lui, manœuvre ses jeux de service d’une main de maître. Les échanges restent courts et drôlement efficaces jusqu’à deux jeux d’égarement. Il tente des coups trop risqués sur le service adverse avant d’offrir le sien sur un plateau d’argent. Une série de fautes directes relance Novak Djokovic qui n’en demandait pas tant : 4/4. La tension augmente en même temps que le niveau de jeu des deux hommes. Un bras de fer d’une nouvelle ampleur débute alors. Le Serbe multiplie les volées tandis que Carlos Alcaraz joue avec les lignes : 6/6.

Le tiebreak est le seul moyen de les départager. Les deux joueurs se rendent coup pour coup. Novak Djokovic refuse de lâcher sa ligne de fond de court ; Carlos Alcaraz exprime toute son explosivité. Les mini breaks se perdent et se récupèrent. La première balle de match de Carlitos est hors de sa portée : un premier service sur le T suivi d’un coup droit gagnant décroisé. Novak Djokovic est déterminé à remporter cette finale. Il s’arme de patience et laisse son adversaire commettre des fautes de gourmandise. Au bout d’un échange sans fin dans la diagonale de revers, Carlos Alcaraz tente un coup gagnant longue ligne qui échoue dans le filet. Une manche partout. Le suspense est total.

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Le second set illustre les aptitudes mentales hors normes de Novak Djokovic. Il parvient à dépasser la chaleur étouffante de Cincinnati et un handicap d’un set et un break pour se relancer dans cette finale. Son expérience et sa régularité ont eu raison de son jeune adversaire. Quelques fois impatient, Carlos Alcaraz a commis des fautes qui doivent encore le hanter.

Une ultime manche déjà historique

Le jeune espagnol ne semble pas avoir oublié la deuxième manche à l’entame de la dernière. Il commet une double faute suivie d’une erreur non-provoquée qui l’exposent. Sous pression, le vainqueur de l’US Open se ressaisit. Il tient la diagonale de revers contre le maître dans le domaine : 1/0. Les jeux de service défilent ensuite sans que les retourneurs n’aient d’opportunité : 2/2. Novak Djokovic se procure une première ouverture. Il obtient deux balles de break grâce à un passing au corps tiré en deux temps. Elles sont sauvées par un entreprenant Carlos Alcaraz qui accoure au filet. Le Serbe est impérial au service : 3/3. Ce dernier impose une pression monstre à son jeune rival. Il ne commet plus aucune erreur. Le septième jeu s’éternise. L’élève de Juan Carlos Ferrero fait face à une ribambelles de balles de break. Il sauve les quatre premières à force de puissants services et d’accélérations côté revers. La tension du moment l’engloutit lors de la cinquième opportunité de Novak Djokovic : il envoie une balle dans le filet très tôt dans l’échange. Le Serbe confirme cet avantage avec une grande autorité : 5/3.

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Carlos Alcaraz doit alors servir pour rester dans le tournoi. Les coups gagnants défilent – à l’avantage du Djoker qui obtient une première balle de match. Celle-ci est vite effacée par un service volée de Carlitos. La seconde a l’air perdue d’avance mais il parvient à frapper un passing de coup droit longue ligne en bout de course. Le jeune espagnol s’offre quelques minutes de répit : 5/4. Novak Djokovic sert pour le gain du tournoi. Son rival, sur un fil, n’a plus peur de rien. Il libère ses frappes qui atterrissent sur les lignes. Les balles de match et de débreak se relayent. Novak Djokovic passe à côté des premières ; Carlos Alcaraz manque les secondes. Cette situation à haute intensité finit par sourire au plus jeune des deux finalistes. Les démons du Serbe le rattrapent : un Djokosmash relance la partie. Les deux hommes resserrent le jeu pour nous offrir un ultime tiebreak : 6/6.

Le second point est mémorable. Au cours d’un échange qui parait infini, Novak Djokovic multiplie les glissades de défense pour renvoyer les incessantes attaques de Carlos Alcaraz. Son abnégation paye : il mène 2-0. La fatigue est palpable chez les deux joueurs : l’ainé baisse la tête entre les points tandis que le cadet se tape les cuisses. L’Espagnol récupère son mini-break de retard grâce à une montée au filet à contretemps. 4-4 : le dénouement est proche mais encore imprévisible. Novak Djokovic prend alors les choses en main. Il frappe une fulgurante attaque de coup droit qui laisse son adversaire sur place. Un service extérieur plus tard, une cinquième balle de match s’offre à lui. Le retour de Carlos Alcaraz atterrit hors des limites du court. Novak Djokovic est sacré champion à Cincinnati.

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Quelques instants plus tard, le Serbe est allongé au sol. Heureux et soulagé. Son polo bleu est victime de ses émotions. Après une poignante étreinte avec Carlitos, chacun retourne sur sa chaise. Ce dernier ne peut retenir ses larmes tandis que le vainqueur ne cesse de sourire.

A l’issue d’un tel spectacle, une seule pensée flotte encore dans l’air. Quelle tristesse que ces deux joueurs aient 17 ans d’écart ! Leur rivalité ne fait que commencer mais elle est déjà vouée à disparaître. Alors, espérons qu’ils s’affronteront autant que fois que possibles dans les quelques années à venir. A commencer par la finale de l’US Open dans 20 jours.

Marnie Abbou

One thought on “Le Djoker a encore frappé

  1. Josephine Helin dit :

    Amazing as always !

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