L’heure du Sunshine Double est enfin arrivée. Après quelques semaines éclatées aux quatre coins de la planète, les meilleurs joueurs de tennis se retrouvent en Californie. Souvent surnommé le cinquième Grand Chelem, le BNP Paribas Open donne le coup de départ de plusieurs mois d’exception. Les masters 1 000 s’enchaîneront jusqu’à l’apogée de Roland Garros. Retour sur les dynamiques qui habiteront le circuit ATP jusqu’à Paris.
Les ancestraux fans de tennis ont eu peur de l’après Big 3 pendant longtemps. La saison passée et celle-ci prouvent que cette crainte demeure infondée. Le circuit masculin a rarement été source d’autant de suspens et de tumultes.
Le roi est mort, vive le roi
L’écueil de la culture de l’instant hante notre société. Le tennis n’y a pas échappé. Il y a quelques mois, Novak Djokovic signait l’une des plus grandes saison de sa carrière. Partout dans le monde, sa longévité et sa quasi-invincibilité étaient chantées. Aujourd’hui, son âge et sa première défaite à l’Open d’Australie depuis 2018 animent nombre de discussions.
L’homme aux 24 Grand Chelem n’a pas encore montré son meilleur tennis cette année. Ce n’est pas un secret. Le point commun de tous les champions n’est-il pas de gagner même lorsque leur jeu leur résiste ? Ne pas considérer ‘Nole’ comme le favori du tournoi serait une erreur – que certains ont trop souvent commis. Son titre à l’US Open après sa défaite crève-cœur à Wimbledon en est la preuve.
Jannik Sinner est l’homme en forme de la saison. Il est inutile de nier qu’il est dans une meilleure dynamique que Novak Djokovic – ou quiconque sur le circuit. 16 victoires consécutives. Sa dernière défaite remonte à la finale de l’ATP Finals. Le battre serait un défi titanesque. Sa lecture du jeu, sa prise de balle tôt, son agressivité permanente et sa confiance inébranlable le rendent redoutable. Qui de mieux que le numéro un mondial – avide de revanche – pour réaliser cet exploit ?
La cour
Carlos Alcaraz et Daniil Medvedev incarnent les principaux obstacles à une finale grandiose entre le Serbe et l’Italien. Champions en titre d’Indian Wells et de Miami l’an passé, l’Espagnol et le Russe n’arrivent pas dans le désert californien avec la même stature cette année. Le finaliste de l’Open d’Australie a peu joué cette saison par rapport à ses habitudes. Une défaite en demi-finale de Dubaï contre Ugo Humbert – et rien d’autre depuis Melbourne. L’élève de Juan Carlos Ferrero a joué un tournoi de plus sans davantage de succès. Les deux hommes se retrouvent dans la même situation : prouver qu’un début de saison mitigé ne définit en rien la suite de leur parcours en 2024.
Le peuple
Le bas du top 10 est fait de promesses, déceptions et incompréhensions. Les semaines défilent et se ressemblent. Alex De Minaur est le seul à avoir glaner un titre parmi Andrey Rublev, Alexander Zverev, Holger Rune, Hubert Hurkacz et Casper Ruud cette année. Un exploit n’est jamais très loin mais il semble peu probable cette quinzaine. Les prochains matchs lèveront le mystère.
« Ce qui rend le tennis si imprévisible, c’est qu’un mauvais jour peut arriver à tout le monde », disait Martina Navratilova. Certains seront-ils capables d’exploiter cet adage ? Réponse le 17 mars à 15h.
Marnie Abbou
